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[VOXLOG.FR] Hopps Group, à l’heure du covid-19

Afin de répondre à la crise sanitaire du Covid-19, les acteurs de la supply chain se mobilisent. Tout au long de cette période complexe, Voxlog leur donne la parole pour mettre en lumière la façon dont leurs organisations et équipes s’adaptent et évoquer la manière dont ils anticipent l’après confinement. Aujourd’hui, Eric Paumier, co-président d’Hopps Group, fait le point sur la situation chez le spécialiste de la logistique e-commerce et du média courrier, structuré autour des activités d’Adrexo, Dispeo et Colis Privé.

Quels impacts observez-vous sur les activités d’Hopps Group depuis le début de la crise sanitaire ?

Notre activité diffère selon nos entités – Dispeo autour du stockage et de la préparation de commandes, Colis Privé sur la livraison du dernier kilomètre et Adrexo sur la diffusion d’imprimés publicitaires et de courriers pour les retailers – ce qui a évidemment impliqué des actions différentes. Si, côté e-commerce, il n’y a pas eu d’annonce d’arrêt d’activité, en revanche côté grande distribution, nous avons eu deux cas de figure très différents : le non-alimentaire (40 % de notre activité) a fermé tandis que l’alimentaire (60 %) s’est retrouvée dévalisé et a également décidé de stopper la communication, si bien que l’activité d’Adrexo s’est complétement arrêtée du jour au lendemain la semaine du 18 mars. Sur cette entreprise qui compte environ 18 000 salariés, 17 500 sont actuellement en chômage partiel. Tous nos centres sont fermés et les activités d’Adrexo se sont réduites aux prestations pour le compte de Colis Privé dont il est un des sous-traitants. Côté Colis Privé, les choses sont très différentes, puisque nous intervenons sur du e-commerce purement BtoC, nous n’avons donc pas du tout été impactés par la baisse d’activité de livraison en BtoB. Nos clients nous ont appelés pour nous indiquer que n’ayant plus la possibilité d’une offre en relais colis pendant le confinement, ils comptaient tout rebasculer sur la livraison à domicile ce qui nous a conduit, d’emblée, à une hausse de 30 % des volumes par rapport à l’activité traditionnelle.

Ces bouleversements ont dû vous demander de nombreux ajustements. De quelle manière avez-vous réorganisé vos process et vos équipes ?

C’est un travail colossal : nous nous sommes retrouvés quasiment du jour au lendemain dans une période de pic comparable à Noël… mais augmentée de 20 % ! Sauf qu’habituellement, nous organisons ces pics huit mois en amont car ce sont des moments où nous doublons notre activité. Là, il a fallu le faire en une semaine dans un contexte où il s’agissait également de mettre en place des mesures sanitaires, rendant complexe la productivité. Concrètement, pour les activités qui fonctionnaient, le premier défi a consisté à trouver du matériel de protection pour nos salariés. Cela n’a vraiment pas été simple, nous avons passé des commandes qui ont été annulées… Mais depuis une semaine et demie, tous nos personnels sont dorénavant équipés avec du gel, des masques et des visières selon leur pratique opérationnelle. Chez Dispeo, où un bâtiment de 30 000 m² compte environ 400 employés, nous avons bien sûr mis en place tous les gestes barrières mais il restait malgré tout une certaine promiscuité, qui nous a amenés à fournir également des visières. Sur le terrain, pour les livraisons en main propre contre signature, nous avons mis en place des procédures de remise de colis sans contact. Nous avons enregistré globalement dans notre activité environ 10 % d’absentéisme, liés en partie aux gardes d’enfant à domicile, que nous avons pallié de deux manières : avec des salariés d’Adrexo qui étaient au chômage partiel et par de l’intérim. Aujourd’hui, cinq semaines après le début du confinement, le fonctionnement est très chargé mais stable en termes d’organisation et nous sommes en ce moment en train d’évoquer en interne le redémarrage de l’activité d’Adrexo quasiment à 100 % la semaine du 25 mai.

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